Alors ça, on l'aura entendu ! Le calendrier Maya nous impose depuis quelques semaines un running gag qui devient légèrement fatiguant. Bon, autant l'avouer, j'en ai moi-même abusé. D'ailleurs, j'en viens sérieusement à me poser la question: quid des cadeaux de Noël ? Faut-il ne rien acheter en misant sur une fin du monde, au risque de se retrouver bredouille à trois jours du jour N, ou au contraire anticiper tous ses cadeaux, au risque cette fois de ne jamais les offrir ?

Il existe une alternative: attendre que le 22 décembre débute, ce qui voudra donc dire que le 21 est passé sans encombre, pour se lancer dans ses achats. Seulement voilà, il y a un hic avec le calendrier. Encore, oui. Le 21, c'est vendredi. Donc, le 22, vous avez suivi, c'est samedi. QUI, oui avec des majuscules, fait ses courses de Noël le samedi qui précède le réveillon ? Réponse : TOUT LE MONDE ! En d'autres termes, votre entraînement et votre équipement de fin du monde sera de toute façon rentabilisé dès le jour d'après, pour reprendre le titre d'un film évocateur sur le sujet.

Reprenons. Nous sommes le samedi 22. Vous avez deux listes dans les mains. La première concerne le menu de Noël qui doit être, je vous le rappelle, au-delà du réel. A vous de réussir le pari fou de marier les envies de tous les invités, à savoir huîtres, langouste, civet de biche, pintade farcie, basse-côte de bison - parce que, merde, Noël c'est quand même qu'une fois par an -, risotto à la salsepareille, frites, marrons à la crème, le tout arrosé d'un ou deux vins qui sauront séduire tout le monde en même temps. Va pour un Riesling, ils vont pas m'emmerder.

La deuxième liste, c'est celle des cadeaux. Que vous avez donc décidé d'occulter dans le doute. Forcément, un 22 décembre, ça devient compliqué. Pas sûr que le petit neveu apprécie à sa juste valeur le dernier Larousse des arbres de France. Mais si, c'est pour que tu exprimes ton côté nature, gamin. Et pis au pied du sapin, c'est judicieux. Quant à beau-papa, il sourira sans doute un peu jaune avec son digestif quand il déballera le superbe bouquin de Philippe Delerm, "Je vais encore passer pour un vieux con". Mais non, il n'y a pas de message caché. M'enfin.

Bref, votre réveillon, comme chaque année, s'annonce sous les meilleures augures - une fois passée la fin du monde, donc - à la différence près que vous êtes super à la bourre. En fait, tout bien réfléchi, ça ne va rien changer. C'était bien la peine de jouer à se faire peur tiens. Promis, en 2013, j'aurai mes cadeaux fin novembre.