Oh le méchant titre.

Récemment, une phrase, "une petite phrase" comme on dit en politique, m'a interpellé. Elle est signée du candidat socialiste François Hollande lui-même. Invité pour parler de son programme, on l'a d'abord questionné sur sa perte de poids. Logique me direz-vous. Quand on lui a fait remarquer qu'il soignait nettement plus son image, il a eu cette réflexion : "pour me présenter, je me devais d'être présentable".

Argh. Voilà que je m'étrangle devant mon poste. L'homme qui incarne la tolérance de gauche vient de dire à des millions de Français qu'avoir de l'embonpoint, c'est ne pas être présentable. Et le laïus continue. La bonhommie, les blagues, l'humour, c'était avant. Maintenant, c'est la gravité, la responsabilité. En gros, un gros ne sera jamais qu'un amuseur public, le type sympa à qui on ne peut surtout rien confier, mais qu'on veut bien inviter à l'apéro parce qu'il a toujours des bonnes blagues à raconter.

Alors on va me dire que j'extrapole, que je m'enflamme tout seul dans mon coin. Que je sur-interprète. Ok. Quelques jours plus tard, la SNCF demandait à ses employés de bien vouloir soigner leur présentation, en perdant, si possible, quelques kilos. Et là, je surjoue peut-être ?????????????? Dans le nombre de points d'interrogation sans doute.

Je vois d'ici le tableau. En fait, tout ceci n'est qu'un moyen d'améloirer la santé publique. Bien sûr, le surpoids est vecteur de problèmes variés, ce qui coûte cher à l'assurance maladie. François Hollande a voulu être précurseur, montrer la voie, prouver que oui, c'est possible de perdre du poids, que c'est une question de volonté ! Plus prosaïquement, en perdant des grammes, il voulait gagner des voix. On aimerait ne pas voir la logique, mais on ne la voit que trop bien. Et cette fois c'est sûr, quel qu'il soit, le futur président manquera sans doute d'un brin d'authenticité.