Et si j'apportais mon petit écot au débat sur le nucléaire ? Tout ou presque a été dit, et le challenge de trouver un nouveau point de vue n'est pas peu mince. Appuyons nous d'abord sur ce chiffre: 79%. Près de 8 Suisses sur 10 sont pour l'arrêt progressif des centrales nucléaires de leur pays. Ils sont aussi pour qu'on arrête la centrale de Fessenheim, située à 30 km de leur frontière.

De là me vient une réflexion, puisque l'on peut facilement identifier le mode de vie helvétique à celui des Français. On mange autant de chocolat et de fromage, si ce n'est plus, et les montagnes, ça nous gagne. Ce type de sondage n'a que peu vu le jour en France, à se demander si ça en dérangerait certains. Sortir du nucléaire, donc, ce n'est pas possible. Pas envisageable. Pourquoi me posez-vous la question ? C'est à peu près la teneur des propos de la classe politique française, pratiquement au grand complet.

Et pourquoi donc me direz-vous ? Tout simplement parce que 80% de notre consommation est nucléaire. Pour rappel, nos centrales ont donné leur pleine puissance au coeur de l'hiver, avec un pic jamais atteint dans l'Histoire d'EDF. Ceci m'inspire une réflexion : sortir du nucléaire impose que l'on dicte nos choix. Les peuples arabes font leur révolution démocratique, pourquoi les peuples occidentaux ne feraient-ils pas leur révolution énergétique ?

Pour fermer une centrale comme Fessenheim, il faudrait d'abord qu'elle n'ait plus lieu d'être. Autrement dit que la consommation soit trop faible pour justifier sa présence, soit 5% de moins qu'aujourd'hui à peu près. Militer pour l'arrêt des vieilles centrales (première étape), ce n'est pas en signant des pétitions, c'est en tournant le bouton. On éteint la lumière quand on sort. On met son chauffage à 19 au lieu de 20 degrés. On ne laisse pas les appareils en veille. On utilise les modes "éco". On remplace les ampoules usagées par des "basses consommations". On ne laisse pas la télévision parler dans le vide pendant deux heures alors qu'on fait autre chose. Toutes ces petites habitudes qui font de nous des sur-consommateurs d'énergie. Et puis un jour peut-être, une loi obligera les architectes à concevoir uniquement des maisons à énergie positive.

D'ici là, il n'est même pas question de chambouler notre façon de vivre. Limiter sa consommation, à titre personnel, c'est aussi réduire sa facture. Mais comme pour une élection, c'est par le nombre que l'on s'exprime au niveau national. En espérant que cette fois, ce ne soit pas l'abstention qui l'emporte.